J'ai eu deux enfants en un an
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J’ai eu deux enfants en un an… (et je suis toujours en vie)

Je sens bien que déjà un calcul s’est opéré dans votre tête. « Mais comment est-ce possible ? ». Très simple équation. Je vous donne la solution. Un bébé a vu le jour en mai 2017 et un autre en avril 2018. Soit 51 semaines d’écart entre les deux. Ça m’aurait fait encore plus rire d’en avoir deux la même année civile. Parce que déjà quand j’annonce qu’ils n’ont même pas un an d’écart, je vois les têtes se décomposer, les interrogations fuser et des sourires…gênés. Sans oublier la sempiternelle question assurée « ah… tu as eu un retour de couches », à laquelle je n’ai pas envie de répondre.

Déjà maman d’un lutin de dix ans, né d’une précédente union, j’ai un long parcours avec la maternité. Pour réussir à enfanter, je suis passée par la PMA. J’ai également perdu des jumeaux au 4e mois, puis Anatole au 6e mois, et j’ai fait d’innombrables fausses couches. Avec tout ce que cela comporte. Donc à 40 ans, on décide avec mon compagnon de nous lancer dans cette aventure. Quelques jours après avoir pris la décision, je suis enceinte. Août 2016, c’est le miracle. J’espère mener cette grossesse à terme cette fois-ci. Je ne veux pas connaître le sexe du bébé. Je veux juste qu’elle ou il arrive à terme. J’accouche le 5 mai 2017. Une créature de 4,120kg (et trente kilos de plus pour moi), avec des yeux bleus immenses qu’elle gardera. On la surnomme PPDA (petite puce d’amour). Je n’ai pas de contraception si ce n’est quelques préservatifs. Je m’occupe de la huitième merveille du monde et m’adonne à retrouver une vie de femme. Et donc au plaisir charnel.

On se pose la question avec mon partenaire d’amour et de vie pour savoir si on tente un second bébé ensemble. Sachant qu’il n’habite pas avec nous. Il est à 200 km de Montpellier. Et ne revient que le week-end. La réponse négative s’impose plus ou moins. Ou alors on se dit « plus tard ». Sauf que l’horloge tourne. Je pense qu’il n’y a pas de hasard. Trois mois après avoir accueilli PPDA, ne voyant pas mes menstrues arriver, je fais le test. Je crie « Namouuuu » assise sur la cuvette. Ambiance glamour. S’affichait les deux barres on ne peut plus explicites.

Comment faire ?

Nous sommes restés sur le canapé un peu hagards. On s’est regardés ne sachant pas si c’était une bonne ou une mauvaise nouvelle. On opte pour le premier choix. C’est un cadeau de la vie.

Même Vincent, mon gynéco est surpris. Pourtant, il a l’habitude ! Il me challenge sur cette seconde grossesse à risque. « Avec mon grand âge, il ne faut pas prendre de risque » plaisante-t-il. Sauf que je viens de sortir d’une grossesse et que j’ai un peu envie d’être tranquille. Il respecte mon choix. Je repars avec sept kilos de trop sur la balance. Il a la délicatesse de ne pas me demander souvent mon poids !

Malgré les formes qui prennent de plus en plus de place, au moins, j’étais déjà équipée en vêtements de grossesse. Mais le poids le plus lourd à porter ce sont toutes les questions qui s’imposent à moi. « Comment gérer trois enfants toute seule en ayant deux métiers et en étant étudiante ? ».

Je vais chercher sur le net des réponses. Et là, je vois qu’il en sera terminé de mon périnée et que je vais probablement faire un burn-out maternel ; Que de réjouissances. C’est tellement anxiogène. Ça m’angoisse de ce fait. Heureusement que j’ai un cabinet où j’exerce en tant que psychopraticienne et praticienne en acupressure. J’utilise tous les outils que j’ai appris en formation pour m’aider à passer le cap de cette anxiété. La sophrologie, la méditation, l’EFT (technique de libération émotionnelle par acupressure) et l’énergétique chinoise.

« Encore ? »

Même si cela m’aide, la chose insupportable c’est la réaction des plus ou moins proches. La fameuse phrase « ah…mais tu as eu un retour de couches » me rebute. Comme si j’ai envie d’exposer ma vie sexuelle à toutes et tous. Et comme si j’ai envie de rentrer dans les détails de la procréation…

En majorité, les gens m’ont prise pour une folle connaissant la situation. Certains se catastrophent, d’autres se demandent si je vais pas monter une équipe de foot (oh mais quel humour) et enfin il y a ceux qui ne disent rien mais qui n’en pensent pas moins.

Nono point le bout de son nez, le 26 avril 2018. Elle est différente de sa sœur. Je le sais tout de suite. Je le ressens. Ce n’est pas du tout la même âme. Et c’est une nouvelle aventure. Leur frère compose avec les deux. Et malgré la décennie d’écart, ils s’amusent tous ensemble.

J’ai récolté beaucoup de témoignages d’autres mamans dans la même situation. Souvent on me dit « elles vont s’élever ensemble ». En vérité, je ne sais pas. Car c’est au jour le jour que j’apprends à construire cette entité familiale.

Prendre l’air

Il est vrai que des fois, j’ai envie de prendre l’air avec ma moto et de les laisser se chamailler pour une peluche, ou j’aimerais qu’on me les garde plus souvent pour profiter le temps d’un week-end de mon compagnon. Mais j’assume. J’assume le fait d’avoir voulu être mère de manière rapprochée. Même si parfois, les larmes coulent. Quel difficile métier. Heureusement que je suis journaliste indépendante par ailleurs, et que je n’ai pas un 9h-17h car je pense que je me serais fait licencier. Sans compter les coûts de garde. Financièrement, je ne sais pas qui a inventé qu’on faisait des enfants pour obtenir les aides sociales….

La première année du dernier arrivé, c’est très routinier. Ce ne sont pas des jumeaux. Mes bébés n’ont pas le même rythme. Difficile de déroger à la sacro-sainte rigide organisationnelle.

J’ai réussi à obtenir deux places en crèche. Par réseau. Et heureusement, qu’elles y vont car ça leur permet une sociabilisation et de ne pas être tout le temps ensemble. Sans compter que je travaille. Lorsque je suis en consultation, je suis à 100%. De même que lorsque j’écris, avoir deux bébés sur les genoux, c’est impossible.

Quelques âmes bienveillantes gardent parfois la smala pour qu’on puisse souffler. Trois ou quatre week-end par an. C’est indispensable.

Lorsque nous sortons, c’est inéluctable, à chaque fois les gens nous demandent si ce sont des jumelles. Il est vrai que la poussette double porte à confusion. Nono est grande et ça peut induire en erreur. Mais elles se ressemblent. Blondes avec leurs grands yeux ouverts sur le monde.

Souvent on me demande si je recommande les grossesses aussi rapprochées ? Comme je le dis dans mon livre Deux bébés en un an, guide de survie des grossesses rapprochées, il faut écouter son cœur. Je rajoute simplement que seule, c’est une organisation kafkaïenne.

Avec le recul, maintenant qu’elles ont trois et deux ans bientôt, je sors la tête du guidon. Un peu. J’imagine que lorsqu’elles intègreront l’école toutes les deux, ce sera différent. Et ce sera alors d’autres aventures. Mais pour ma part, la boutique est fermée, mais ouverte sur celle du bonheur d’être à cinq !

Source : paroledemamans.com

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